Nikolai  Nikogosian, Bild von Boris Dolmatovsky, 1995
Nikolaï Nikogossian, photo de Boris Dolmatovsky, 1995

*Biographie


Le célèbre peintre russe Nikolaï (Nicolas) Nikogossian (Николай Никогосян) est né le 2 Décembre 1918, dans le petit village de Mets Shagriar (maintenant Nalbandian) dans la vallée de l'Ararat en Arménie, 50 km à l'ouest d'Erevan. A cette époque, un Etat arménien restreint créé le 28 Mai 1918 était encore indépendant, mais deux ans plus tard, son territoire fut divisé entre la Turquie et la Fédération de Russie. En 1922, la partie orientale de l'État arménien devint une partie de l'Union soviétique en tant que République Socialiste Soviétique d'Arménie.

Son nom de famille Nikogossian (à partir de la transcription russe) se traduit de l'arménien par fils de Nikoghos (Nicolas). Le père de Nikolaï Nikogossian, Bagrat Nikogossian, était agriculteur. Il cultivait le coton dans la vallée de l'Ararat et avait une famille de six enfants. En outre, il ouvrit un magasin de vêtements dans son village et devint assez riche. Toutefois, en 1929, il fut dénoncé comme « koulak » (l'agriculteur qui utilise de la main-d'œuvre salariée). A cette époque de telles personnes étaient considérées comme contre-révolutionnaire et il fut dépouillé de ses terres. Après cela, il s'installe à Erevan (capitale de l'Arménie soviétique). Pour survivre et nourrir sa famille, il est forcé de travailler dans le batiment. Toutefois, pour le jeune Nikolaï c'était l’occasion d'échapper au dur travail paysan. A Erevan, il travaille comme courrier, typographe et maçon.  En 1934, il entre à l'école de ballet et, après avoir terminé ses études, il danse dans le corps de ballet pendant deux ans. La mère de Nikolaï, Gayane, approuve sa passion pour le théâtre, mais son père Bagrat, après l'avoir vu dans un spectacle de La Nuit de Walpurgis, annonce "Tu dois arrêter la "danse de singe" ou quitter ma maison!" Nikolaï fait son choix et quitte Erevan pour Saint-Pétersbourg (Leningrad à l'époque) en 1937. Il était très difficile pour lui de poursuivre sa carrière dans une grande ville sans connaître la langue, sans hébergement ni relations. Néanmoins, il réussit à entrer à l'école d’Art et en 1940 à la faculté de sculpture de l'Académie des Arts. Il se crée des contacts importants, par exemple avec la famille du célèbre compositeur Dmitri Chostakovitch, et visite l'atelier du célèbre peintre de l'avant-garde russe Pavel Filonov. Toutefois, en juin 1941, juste avant l'invasion allemande, il est exclu de l'Académie (en raison de conflits avec des collègues) et rentre à Erevan.

En 1944-1947, il continua ses études à l'Institut d’Art Sourikov de Moscou (sous la direction du professeur Alexander Matveev). Après cela, il a toujours vécu à Moscou, travaillé comme sculpteur, peintre et artiste graphique, se passionnant pour le portrait de personnes qui attirent son attention. Parmi ses modèles on compte le chimiste Nikolaï Zelinsky, la ballerine Maya Plissetskaya, le compositeur Aram Khatchadourian, le physicien Piotr Kapitza, le champion du monde d'échecs Tigran Petrossian et beaucoup d’autres.

Dans les années de la guerre froide et du rideau de fer, Nikolaï Nikogossian fut rarement autorisé à voyager à l'Ouest. Toutefois, il visite l'Italie (1957 et 1981), la Tchécoslovaquie (1970, 1975, 1984) et la Finlande (1980 et 1985). En 1961, avec sa première femme Tamara, née Aslamazian (1921-1987), ils font une croisière à travers l'Europe, visitent Istanbul, Athènes, Rome, Florence, Venise, Paris, Londres, Stockholm et Copenhague. Il eut deux expositions personnelles à l'étranger: à Helsinki (1980) et à Bruxelles (1981). En 1989 Nikolaï Nikogossian est invité au Churchill College à Cambridge, Royaume-Uni, et (avec sa seconde épouse Eteri, née Togonidze) offre une sculpture en bronze de Sir John Cockcroft (basée sur une de ses sculptures de 1970) au College Museum.

Ne connaîssant aucune langue étrangère, mais étant toujours très ouvert et amical, il a facilement établi des contacts avec un grand nombre de personnes visitant l'Ouest de l'URSS. Il eut la chance de garder une amitié de longue date avec un couple finlandais, l'écrivain et correspondant pour le journal de gauche Kansan Uutiset, Jarno Elisar Pennanen et son épouse, la poète Anja Vammelvuo. En 1957-1960 ceux-ci vécurent à Moscou, étant voisins de palier de la famille Nikogossian. Ils étaient tous deux des gens de goût, qui eurent une grande influence sur les œuvres de Nikolaï Nikogossian, en particulier sur ses toiles.

Durant sa longue vie, Nikolaï Nikogossian a créé plus de 200 bustes (en bronze, bois et marbre), 600 peintures à l'huile et 3000 dessins au fusain. Ses œuvres ornent des collections privées en France, Belgique, Finlande, Italie, Allemagne, Portugal, Irlande et Grèce. Ce site a été créé par son fils David N. Nikogossian pour célébrer le 90 e anniversaire de son père.


Decorations de Nikolaï Nikogossian
- 1977 Prix de l’Etat Sovietique
- 1977 Artiste populaire de l'Arménie
- 1982 Artiste du peuple de l'URSS
- 1987 Ordre du Mérite de la République populaire de Pologne
- 1989 Professeur de l’Université des Arts et de l'Industrie Stroganoff
- 2001 Membre titulaire de l'Académie Russe des arts
- 2008 Médaille d'or de l'Académie Russe des arts

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